parcours SOLO 2017

Championnat de France Elite Course au LargeLe vendredi 17 mars, une vingtaine de solitaires sur Figaro Bénéteau 2 s’élancera de Granville à la conquête de la Solo Normandie, première étape du Championnat de France Elite de Course au Large.

Le parcours, même s’il est différent d’une année à l’autre, est varié, dense et… fatiguant.

Benoît Charon

Directeur de course

“La course se déroule mi-mars, les nuits sont encore longues, fraîches et humides, les dépressions peuvent être bien basses ou l’anticyclone s’installer pour quelques jours… On peut d’ores et déjà prédire que le vainqueur n’aura pas ménagé sa peine !

Ils partiront vers l’ouest et le cap Fréhel, une classique, autour de midi, marée descendante et courant portant. C’est sans doute une flotte encore très groupée qui enroulera Banchenou et fera cap au nord vers le phare des Casquets. Cette année pas de bouée intermédiaire. On ouvre le jeu, un peu comme lors d’une des premières éditions où la flotte, se scindant en deux, avait permis à Phil Sharp de s’échapper par l’est de Jersey quand le gros du peloton buttait contre le courant devant Corbières.

Puis route vers l’est et la rade de Cherbourg, avec ce sacré juge-arbitre qu’est le Raz Blanchard et ses courants puissants. Suivant la météo ou l’heure de la marée il peut être doux comme un agneau… ou représenter une expérience dont beaucoup parleront longtemps, au bar devant une bière, avec un léger frisson. Là encore peu de contraintes pour favoriser les options tactiques. C’est après plus de vingt quatre heure de course que les premiers devraient franchir les murs napoléoniens de la rade, où une porte permettra de pointer les concurrents et de faire le compte des écarts qui pourraient déjà se chiffrer en dizaine de minutes, voire en heures si le vent est faible.

Barfleur sera laissé à tribord, une grande boucle en Baie de Seine emmène les solitaires vers Antifer puis Ouistreham, noms mythiques de la Normandie maritime. La priorité sera la vitesse, la gestion de la fatigue, des yeux qui piquent, des paupières devenant lourdes. La seconde nuit sera proche.

Et le retour vers le Cotentin peut ne pas être simple ! Le vent pourrait être statistiquement de secteur ouest ou sud ouest, donc quelques bords à tirer, une côte qui perturbera les masses d’air, des options, et Barfleur, juste au delà de l’horizon, s’il est moins connu que le Blanchard est un Raz qu’on apprend à respecter. La renverse des courants y est soudaine, la mer pas toujours très bien rangée, courte et brutale, et serrer de trop près la côte a failli coûter la course à quelques favoris trop confiants dans leur option à raser les cailloux, à en effrayer les pêcheurs locaux !

Suivant la puissance du vent l’arrivée à Cherbourg se fera samedi soir ou dimanche en fin de nuit. Les derniers milles sont toujours très compliqués : l’entrée de la rade marque souvent un changement de vent et de courant, et surtout les solitaires vivent cette course comme une “petite étape” de La Solitaire, dorment peu… et courent le risque d’une perte de clairvoyance en vue de l’arrivée.

On a vu ainsi, lors d’une des premières éditions, les premiers s’arrêter face au courant, à quelques centaines de mètres de la ligne salvatrice, sortir leur mouillage, aux aguets de la moindre risée, et pour quelques uns s’endormir… et perdre un précieux avantage construit au prix d’heures de combats et de réflexions tactiques.”